Après cet incident, tout se
déroula comme dans un rêve, le sang, les cris, comme
une décharge électrique qui vous fait tourner la
tête, puis l'instant suivant vous n'êtes plus vous
même, d'ailleurs vous ne vous souvenez de rien, un rêve
comme je le dis.
Apparemment, plusieurs jours passèrent sans que je me
réveille, j'étais au soin de Christofer
sûrement, ou alors peut être suis je morts maintenant,
je ne ressens plus la haine qui me rongeait face à mon
père, j'étais vidé, plus aucun souffle me
faisant allé en avant avec la vigueur d'antan, étais
je serein?
Lorsque mes yeux s'ouvrirent enfin, je remarqua le noir, non,
d'abords je sentis, la fraîcheur du tissus, des draps, une
brise sur le corps, pas de vêtements, juste ma peau et le
tissus, une peur immense et déraisonnée me faisait
battre le coeur à la chamade, haletant, le noir,
peur...
Je chercha, quelqu'un, quelque chose près de moi, mes mains
fouillaient l'air et le lit, cherchant parmi les draps et les
oreillers, une chaleur, enfin, une autre personne, Docteur! Mon
coeur ne cessa cependant de battre comme il le faisait aussi fort,
j'avais l'impression que le lit tremblait avec moi, que le monde
pulsait ainsi parce que je le faisait vibrer lui aussi.
Alors, en refermant les yeux je me jeta sans préavis sur la
personne, pas méchamment, non, comme une gosse qui pleurs sa
peine et cherche réconfort près de sa mère,
maman... mes mains agrippèrent la peau de l'autre,
s'attachant aux épaules, mon visage sentant l'autre, son
parfum, se blottissant au creux de l'épaule, l'autre
était de dos encore, je le sentis glisser vers moi, je me
laissa tomber sur li, ses mains sur mon visage et dans mes cheveux,
j'étais qu'un gosse mince.
Ainsi allonger sur lui, je cherchait, quoi au juste, je ne sais pas
trop, mon coeur devait lui faire mal à cogner ainsi, mes
mains glissaient sur son dos, j'étais en boule contre son
ventre, et il me tenait comme pour m'empêcher de partir ou de
m'envoler, je ne suis pas un ange, pas d'inquiétude, ma
bouche cherchait elle aussi, redressant la nuque, je m'approcha
doucement de son coup, je sentis ses mains se crisper, remonter
à ma nuque elles aussi, je mordis, doucement, laissant
à peine mes dents dans la chair, juste un peu de sang,
j'avais tellement faim et peur, peu à peu je me contentai,
puis comme un signal d'arrêt, ses doigts se contractant,
j'arrêta puis lécha la blessure et les gouttes de sang
perlant à la surface, il soupira, je pleurai.
Comme deux amants s'enlacent, nous passâmes la nuit ainsi
jusqu'à ce que le soleil soit suffisamment haut pour nous
réchauffer, mais je ne quitta pas le lit tout de suite, je
ne voulais pas, trop peur du reste, de me retrouver seul au coin
d'un couloir, face au fantômes de ma vie.
Les jours passèrent lentement, reprenant un peu conscience
de moi, je sentais que la reprise serait dure, et longue, je
referai tout bien, ma vie, ma liberté, mes peurs, mes
envies, tout, mais une chose me bloque, à
l'intérieur, il n'arrête pas de crier, d'appeler, et
je tremble rien qu'à savoir son retour, ce sang noir qui me
ronge, et me brise, je ne sais le contenir loin de mon coeur, je ne
veux pas me laisser allé comme avant, je voudrai garder un
peu d'humanité.
(je trouve l'image parfaite... vraiment... les vêtements en moins et... non rien...)



